Les Panthères roses

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Documents joints à l'article

sur le T de LGBT

Campagne contre la transphobie

"Sale pédé”, “sale gouine”, oh la la, ça va pas, faut pas dire ça, c’est de l’homo/lesbophobie, faut s’appeler Christian V. pour encore dire ce genre d’insulte, du moins ouvertement... en tout cas dans le Marais. Pédé, gouine, on commence à connaître : nan ce n’est pas une maladie, ce n’est pas une mode ou un vice bourgeois... depuis 81, ce n’est plus un délit, depuis 90 ce n’est plus une maladie mentale. Par contre, comme l’État considère encore les trans comme des malades mentaux, alors les insultes, ça y va, la transphobie peut s’exprimer ?! De toute façon on ne sait pas trop ce que ça veut dire donc place aux fantasmes...

Les trans existent, va bien falloir s’y faire !

- Les trans garçons (FTM = female to male) sont des garçons qui changent leur corps parce qu’ils sont nés dans un corps de fille et le subissent.
- Les trans filles (MTF = male to female) sont des filles qui changent leur corps parce qu’elles sont nées dans un corps de garçon et le subissent. Ça aurait pu être simple, mais voilà, le genre c’est sacré. Que des personnes puissent passer radicalement d’un genre à un autre et ce, de manière définitive, cela n’est jamais envisagé, ni admis. Du coup, le T concrètement c’est :
- Se faire dévisager dans le métro, mais aussi dans le bus et aussi dans le RER
- Passer trois heures au guichet de la Poste à raconter sa vie parce qu’on ne veut pas vous donner votre recommandé
- Expliquer au steward qu’on a pas volé le billet d’avion de sa soeur
- Justifier qu’on n’a pas piqué le chéquier de sa mère pour payer les surgelés
- Eviter les jets de bouteille à la tête ou autre agression dans la rue
- Et le soir, enfin tranquille, plateau-repas devant « On ne peut pas plaire à tout le monde » ; une artiste trans est présentée comme « c’est un homme » !

Transphobie ordinaire ? Plus envie d’en rire !

On trouve insupportable d’entendre « quel dommage qu’elle soit lesbienne alors qu’elle est si mignonne et féminine », on trouve insupportable d’entendre traiter un homo de n’être pas assez viril ou trop efféminé. Pourtant quand il s’agit des trans qui sont la cible de propos qui portent atteinte à leur identité, personne ne trouve rien à redire... ça va du « cette fille pourtant si canon est un homme en réalité » à « les trans, ce ne sont que des gays déguisés ». La transphobie est avant tout une affaire de négation des trans, de leur existence, de la réalité de leur identité. ÉrigéEs en problème, ou en question de société qui prête à rire dans le meilleur des cas, les trans peuvent toujours attendre de voir leur condition changée.

Transphobie d’état ? Ça c’est pas une blague !

Cette transphobie ordinaire est confortée par une transphobie d’État. Le gouvernement n’a eu de cesse d’exclure les trans du débat sur la lutte contre les discriminations. Tandis qu’aucune législation ne vient incriminer les propos transphobes, l’État ne se prive pas pour décider du sort des trans. La parole des personnes concernées importe peu. Seule compte celle d’experts autoproclamés qui se contentent souvent de rappeler - sans autre justification - que la différence des sexes est indépassable. Celles et ceux dont la vie dépend pourtant de ces transformations biologiques sont accuséEs d’attenter à la “bonne marche de la société” et en payent le prix fort : celle d’une maltraitance médico-psycho-juridique. Toute transformation chirurgicale ou hormonale doit s’inscrire dans un protocole humiliant et arbitraire dont l’issue est décidée par des psychiatres imposés. Les trans, réduitEs à des sujets psychiatriques, ne peuvent disposer librement de leur corps. Et comme si ça ne suffisait pas, les trans doivent en plus, vouloir des organes génitaux conformes à leur apparence alors même que les techniques françaises ne sont pas au point, et prouver être hétérosexuelLEs pour avoir accès au changement d’état civil. Cet acharnement réservé aux trans rend ainsi quasiment impossible l’accès à l’emploi et les destine à une vie clandestine. La transphobie - comme les autres discriminations - engendre la haine de soi et conduit les concernéEs à adopter des comportements à risque, notamment par rapport au VIH. A croire qu’on veut vraiment les rendre fous/folles !

Cessons l’humiliation et les blagues douteuses, menons un combat contre la transphobie.

Aujourd’hui, les trans réclament de pouvoir disposer librement de leur corps et de s’émanciper de la tutelle des experts psychiatres et des emprises des autorités médico-juridiques qui leur interdisent toute autonomie, nient leur identité et leur réalité de vie. Malgré l’urgence dans laquelle se retrouvent les trans, aucunE candidatE à la présidentielle ne daigne se pencher sur ces questions alors même qu’ils/elles se targuent d’être contre toutes les discriminations.

Tant que la transphobie qu’elle soit ordinaire ou d’État ne sera pas condamnée, les agressions et les meurtres de trans continueront d’être passés sous silence.

Il est urgent que la société civile se mobilise autour de ces questions, il n’est plus temps d’attendre que les politiques se prononcent quand des personnes sont continuellement agressées, invisibilisées et discriminées dans leur quotidien. Leurs droits fondamentaux leur sont déniés.

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